Back to Retro 2 – Une entrée refusée fait polémique

Note: L’équipe de Geeks Life Luxembourg n’a aucun lien personnel avec les personnes mentionnées. L’article a été rédigé suite à des témoignages et ne reflète pas l’opinion personel de l’équipe.

 

La Back to Retro est un salon à thème qui a eu lieu mis-septembre à Arlon et qui mise surtout la culture geek retro et vintage. Des membres de notre équipe ont été présents (cf notre article ici: http://geekslifeluxembourg.com/2016/09/18/back-to-retro-2-review/ ainsi que nos galeries photos), mais ce n’est que par la suite que nous avons appris que l’événement ne s’est pas passé si bien pour tout le monde.

Tout a commencé avec un post d’une cosplayeuse nommée Stéphanie qui a vite fait le tour du web.

bonjour à tous,

Aujourd’hui (11-09-16), je suis allée à la convention Back to Retro en cosplay de Sailor Moon. Arrivée sur place, je me suis présenté à l’entrée pour acheter mon billet et quelle ne fut mon étonnement de me voir refuser la vente. Étant un peu surprise, j’ai voulu obtenir des informations mais je n’ai pas eu le temps de dire quoique ce soit que je me suis fait « bousculer » par l’agent de sécurité qui me dit que l’entrée m’est interdite. Pareil, je tente d’avoir des explications et à ce moment-là, c’est l’organisateur en personne qui vient me voir et qui me dit que mon cosplay est indécent et que c’est pour cela que l’entrée m’est interdite. J’essaie de lui expliquer que par rapport à l’an passée où effectivement ma jupe était un peu courte (mais pas indécente non plus), j’avais retravaillé mon cosplay et que désormais ma jupe était plus longue pour justement éviter les quelques petits soucis que j’avais eu autrefois qui aurait pu être pris pour de l’indécence. Rien à faire, l’organisateur ne veut rien entendre et va même jusqu’à me sous-entendre que c’était à cause de ma transsexualité qu’il me refusait l’entrée. Soit-disant qu’on était dans une convention familiale et non dans un salon érotique.

Comprenant que j’ai été discriminée, j’appelle la police pour lui demander de l’aide mais celle-ci me dit qu’elle n’a pas de patrouille disponible pour venir sur place.

Je décide donc d’aller au bureau de police moi-même et là, le sol se dérobe sous mes pieds. Je tombe des nues quand la police m’annonce qu’elle ne veut rien faire soi-disant que l’organisateur leur a dit qu’il a eu des plaintes de personnes l’an passée, lors de la convention, concernant mon « indécence ».

De plus, le policier m’a dit que même s’il prenait ma plainte, le juge la classerait sans suite directement.

Je suis donc rentré chez moi, outrée et furieuse premièrement à cause de la discrimination faite par des personnes qui sont censées être totalement neutre par rapport à cela et ensuite par l’attitude de la police qui me refuse ma plainte, ce qui au passage est un outrage à la loi belge qui stipule que chaque policier doit accepter toute plainte déposé par un citoyen.

Dès lors, je compte bien faire en sorte que ces personnes soient jugées pour leurs actes et je vous partage mon vécu sur Facebook pour que dès lors ce message soit partagé le plus possible afin que les gens constatent quelles horreurs se cachent derrière ces personnes qui ne méritent que le mépris(et encore).

En gros, la cosplayeuse citée s’est vu refuser l’entrée et mentionne un souci avec sa tenue jugée trop courte (la première photo date de l’année passée, la deuxième montre la jupe rallongée suite aux commentaires d’un membre du staff).

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Peu après, une page dédié à Stéphanie est apparue (https://www.facebook.com/soutientastephanie/) et plusieurs internautes ont ajouté une image de soutien sur leur compte Facebook.

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Comme nous avons pu le constater, le web s’est vite enflammé suite à des propos discriminatoires qui auraient été tenus par le membre de l’organisation ayant refusé l’entrée à Stéphanie. Nous avons alors commencé à rechercher et à essayer de comprendre ce qui s’est passé. Le post suivant figure parmi les plus partagés suite à l’incident, mais a depuis été supprimé.

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La partie qui a suscité la polémique est l’affirmation de l’organisateur que “la Back to Retro n’est pas un salon de l’érotisme, la Gay Pride ou la foire de Libramont”. Mise en relation avec le post de Stéphanie et aux messages de soutien, l’organisateur s’est vite vu accusé de discrimination et de propos transphobes. L’histoire prend alors de l’ampleur et plusieurs personnes qui suivent le débat remettent fortement en cause les raisons avancées par le membre du staff. Les internautes demandent des explications.

 

Un membre de la famille de Stéphanie nous a fait part de son témoignage (en italique, les questions de l’auteur de cet article sont marquées en gras):

“Et bien par rapport à Stéphanie, je suis son cousin et bien j’ ai entendu parler de cette histoire par Stéphanie elle-même via téléphone peu de temps après qu’elle ce soit vue refuser l’entrée à la Back to Rétro 2 part l’organisateur de cet événements sous prétexte d’une plainte de parents pour comportement indécent. D’après l’organisateur, elle aurait exposé sont service trois pièces au travers de son cosplay de Sailor Moon où elle portait body avant sa jupe alors moi j’ai été voir sur la page de la Back to Rétro et là dans un statut pour le bilan de cette édition 2016 de leurs événements et dans ce statut ils ont précisé qu’ils n’étaient pas le salon de érotisme ni la gay pride ni le salon de l’agriculture de Libramont et la j’ai fait la capture d’écran de ce bilan. Si vous désirez je peux vous envoyer la capture d’écran, mais suite à cet événement, plusieurs cosplayeurs et cosplayeuses leur on demandé des explications et des excuses pour leurs propos tenus, propos “homophobes” et à chaque fois ces organisateurs supprimaient leurs statuts où on leur demandait des explications et ils ont même bloqué des personnes de leur page juste parce qu’elles soutenaient Stéphanie.”

 

Donc d’après les organisateurs, Stéphanie aurait montré ses parties intimes et des enfants l’auraient vu. Est-ce qu’elle s’est prononcé sur ce sujet? J’ai pu aussi lui parler un peu, mais d’après elle, les organisateurs auraient eu un problème avec sa jupe soi-disant ‘trop courte’. Est-ce que vous en savez plus?

 “C’est ce que les organisateurs de cet événement disent mais on leur a demander de voir la plainte et la tenue qui était “en cause”, mais on n’a jamais rien eu comme réponse de leur part. Oui c’est ce qu’elle m’a dit également et cette jupe, elle l’a refaite depuis, mais moi je peux vous dire que je doute fort que Stéphanie aurait fait une telle choses car trop pudique et trop respectueuses. Et c’est quand même étrange car dans les autres convention elle n’a jamais eu ce genre de soucis, que cela soit en Belgique ou même en France ainsi qu’à la convention au Luxembourg, je n’ai jamais entendu parler de ce genre de soucis avec Stéphanie et étrangement à la Back to Rétro, elle aurait eu un telle comportement. Franchement je pense que les responsables de la Back to Rétro, ils ont pris cette excuse pour camoufler leur homophobie car je pense qu’il savait que s’il était ouvertement homophobe, ils auraient eu des problèmes sur place, donc ils ont trouvé une excuse qui ne tient pas la route pour moi.”
D’autres internautes ont critiqué l’affirmation de l’orga en ajoutant que l’argument de pudeur ne tenait pas la route, étant donné que des tenues bien plus osées ont été vues lors de l’événement.
Les captures suivantes ont également largement fait le tour du web.

La communication de l’orga est alors fortement critiquée. Plusieurs personnes confirment que des posts sont supprimés (certains commencent alors à faire des captures d’écran) et que des utilisateurs bannis de la page Back to Retro. S’ajoute à ceci un profil Facebook dont un membre nous a fait part …

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Comme l’explique une personne qui connaît Stéphanie personnellement et dont la maison d’édition envisageait de participer à la BTR l’an prochain, la réaction de l’organisation reste un problème. “Voyant l’ampleur que prenait l’événement et le manque de respect dont faisait preuve l’organisateur concernant les commentaires critiques, je l’ai contacté en privé. Sa réaction fut la même que sur son statut. Il s’est posé en victime et n’a pas entendu mes mises en garde par rapport à la crédibilité de son événement. Ces mêmes mises en garde ont été émises par d’autres personnes et ont fini par faire leur chemin puisque l’organisation a été restructurée. Mais ce, après beaucoup de rancoeur et de propos blessants échangés, de faux profils, de bannissements qui n’ont fait qu’exacerber les faits. Je tenais à vous contacter pour vous signaler qu’il y a des personnes qui ont essayé de calmer le jeu mais que l’attitude des organisateurs n’a pas aidé. Je pense qu’il y a effectivement eu discrimination mais que l’organisateur n’a pas jaugé l’ampleur de ses actes et ne connaît pas assez le monde du Cosplay (et de l’événementiel) pour agir rapidement face à un tel “buzz”. Quant à son argument de salon familial, je lui ai plusieurs fois fait remarquer qu’il était peu crédible d’en user et de publier ensuite des photos de monstres absolument horrifiques.”

“A un moment, les messages (de l’organisateur) sont devenus plus virulents, toujours dans cette dynamique du ‘on a raison’, du ‘je m’excuse, mais on n’est pas à la Gay Pride'”, raconte un autre membre. Il ajoute que Stéphanie est une cosplayeuse qui a participé à beaucoup de conventions, mais n’a jamais eu de soucis. Restent alors de nombreuses questions pour lesquelles, selon cette personne, il n’y a toujours pas de réponses. “Le milieu geek est connu comme milieu on ne peut plus tolérant. Il a toujours accueilli les personnes de tout horizon et je ne veux pas qu’il soit associé avec de tels propos. En plus nous nous trouvons en pleine polémique avec les discussions sur les droits des transgenres aux Etats-Unis, le mariage pour tous, etc. Difficile à dire qu’on n’est pas au courant. Cela se passe dans un moment très délicat.”

Une personne qui suit la discussion résume les faits comme suit: “Oui c’est l’aspect homophobie qui a déclenché le plus gros tolé, beaucoup de gens en ont profité pour critiquer la politique des tarifs du salon (tarification excessive des consommations) et bien sur, cet engouement a tout effacer. Pour vous dire, il est impossible de noter la page ou d’y poster des photos, comme ça ils doivent penser enterrer ce qu’ils ont pu dire. Il va alors s’enchaîner tout un tas d’événements, tout d’abord il y aura une très forte mobilisation de la part des personnes qui connaissent Stéphanie  partage du statut, commentaires de soutien. Le tout va finir sur la page même de BTR, et les questions sur la situation s’enchainent rapidement. Une première vague de censure arrive alors: des dizaines de personnes sont bannies de la page, l’affluence ne fait que grandir, et BTR décide alors de supprimer les posts pour poster, en moyenne, 1 statut différent chaque jour (en prenant soin à chaque fois de supprimer le précédent). Si je résume les choses simplement: BTR a usé tout les moyens possible pour argumenter en sa faveur … Et cela est passé par la suppression des posts et des commentaires, le bannissement régulier des personnes qui postaient, des posts remerciant leurs “soutien” dans cette affaire, ignorants totalement leurs détracteurs.

J’ai regroupé toutes les requêtes et demandes faites par les gens pour en faire des questions condensées et simple afin que BTR puisse y répondre sans débordements … Malheureusement, cela n’aura pas beaucoup servit puisqu’à part quelques réponses rapides se défendant d’être homophobes, je n’ai rien pu obtenir.

Pour ma part, j’ai eu l’impression d’assister a une débat stérile … D’un coté, des dizaines de personnes en colère, blamant la page pour sa communication absolument désastreuse. De l’autre, BTR, s’exprimant comme un enfant de 15 qui a cassé le vase de sa maman et qui cherche toutes les excuses et moyens possibles de se dédouaner … C’est bien dommage.”

 

La raison du refus d’entrée est toujours encore remis en cause presque un mois après l’incident, comme en témoigne une autre personne sur Facebook:

C’est quand même étrange que Stéphanie n’ait apparemment “montré ses B aux enfants” QUE dans votre évènement alors qu’elle est présente partout en Belgique et ce, depuis bien avant la création de votre marché rétro…

Pour que les “témoins” aient une quelconque valeur, il faut qu’ils soient “neutres” et pas les enfants, amis, cousins etc de l’organisateur… Donc sachez que, dire que quelqu’un “montre ses boules aux enfants”, c’est parler d’une infraction extrêmement grave et qu’en l’absence de toute preuve, c’est de la diffamation de la part de l’organisateur.

En outre: vous avez refusé Stéphanie *avant* qu’elle ne puisse faire quoi que ce soit en 2016… A la limite, si vous l’aviez laissée rentrer et que vous aviez constaté un “manquement aux bonnes moeurs” suivi d’une expulsion, passe encore… Mais là, vous avez simplement refusé qu’elle rentre parce que, 1 an auparavant, l’organisateur trouvait sa jupette trop courte et trouvait qu’elle se “penchait” (ça, en tout cas, c’est la version qui a été répandue partout depuis 1 semaine, la version des baloches à l’air, c’est une évolution de l’histoire ;)). Stéphanie n’a donc pas pu rentrer parce que l’organisateur ne voulait pas de la “cosplayeuse transsexuelle” qui allait “peut-être choquer les enfants bien élevés (sic)” et non pas parce qu’elle a fait quoi que ce soit de mal… Maintenant qu’il y a un CM qui a l’air +/- compétent sur cette page, j’espère que vous allez capter le problème: vous avez interdit à Stéphanie de rentrer dans votre manifestation alors qu’elle n’avait rien fait et qu’elle ne portait pas une tenue problématique… Si ce n’est pas pour “transphobie”, il faudra vraiment essayer de nous expliquer pourquoi… Pcq elle n’a rien fait qui justifie ce refus. Et la discrimination de quelqu’un ne peut pas être fondée sur vos “craintes” que l’enfant d’un intolérant va éventuellement être choqué.

Quand Stéphanie dit qu’elle “a fait des efforts”, c’est parce qu’elle a tenu compte de la remarque de l’organisateur qui lui a dit en 2015 qu’il fallait qu’elle rallonge sa jupe (notez encore une fois ici, il s’agit du SEUL organisateur de Belgique, toutes conventions confondues, qui s’est inquiété de la longueur de la jupe de Stéphanie et qui l’accuse d’indécence). Stéphanie étant une fille extrêmement gentille qui veut vivre sa vie et pas embêter les gens, l’a écouté et a accédé à ses conseils… Pour quand même se faire rejeter pour “délit de sale gueule”, visiblement…

Bref, cette histoire ne tient pas la route: des excuses envers Stéphanie (et pas un vague “toutes les personnes gnangnan” seraient les bienvenues, non?”

Une histoire sans fin que les personnes qui suivent la Back to Retro de près ou de loin ne sont pas prêtes à oublier … En même temps, Stéphanie dit attendre toujours encore des excuses de la part des organisateurs.

 

Pour toute question, info ou tout témoignage: laura.zimtstern26@gmail.com

 

Partie 1: L’entrée à la Back to Retro 2 refusée à une personne? – Un incident et ses conséquences

Partie 2: Interview avec l’organisateur

Partie 3: Problèmes entre artistes et l’orga

Published by

Kotohime

Geeks Life writer & editor who likes Japanese street fashion, Touhou music and Love Live. Also a cosplayer under the name NozoMinaj and part of the cosplay unit Navigators.

2 thoughts on “Back to Retro 2 – Une entrée refusée fait polémique”

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